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Il y a 68 ans, les 16 et 17 juillet 1942, près de 13.000 hommes, femmes et
enfants furent raflés à Paris par la Police française à la solde de
l’occupant allemand puis enfermés au Vélodrome d’hiver dans d’ignobles
conditions avant de partir pour Auschwitz Birkenau où leur mort était
planifiée.

Serge Rosinoff
La rafle du Veld’hiv fut la plus importante en France par le nombre de
victimes. Elle demeure dans notre mémoire collective comme le symbole de la
politique de collaboration de l’Etat français de Philippe Pétain au IIIème
Reich d’Adolf Hitler.

Jean-Noël Humbert
Dans le cadre de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes
racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de
France, les autorités militaires et civiles dont Martine Derain,
représentant le député-maire Christophe Sirugue, en présence des
porte-drapeaux, ont déposés des gerbes au pied du monument de la Résistance
et de la déportation.
C’est Serge Rosinoff, président de la Communauté israélite de Chalon et sa
région qui rappela que 75.000 juifs, hommes, femmes et enfants furent
envoyés dans les camps de la mort. Seuls 2.500 survivront aux innombrables
atrocités du régime nazi. Il devait rendre un vibrant hommage aux françaises
et français qui, malgré les risques encourus, ont fait preuve d’humanité en
accueillant, cachant au péril de leur vie des enfants, des femmes et hommes
persécutés tout simplement parce qu’ils étaient juifs. Certains furent
reconnus « Justes parmi les nations » et reçurent lé médaille gravée de la
phrase du Talmud « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ».
Leurs noms sont gravés à jamais dans l’allée des Justes au Mémorial de la
Shoah à Jérusalem.
D’autres n’ont pas songé à faire valoir leurs actes mais tous nous ont
transmis un message pour aujourd’hui et pour demain : le refus de
l’indifférence et de l’aveuglement.

Le dépôt de gerbes.
Le sous-préfet : Jean-Noël Humbert, lut le message d’Hubert Falco,
secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants. Ce dernier devait
reconnaître, qu’il y a soixante dix ans, l’Etat français s’engageait dans la
voie de la déportation du peuple français. « Ce fut le temps de la honte.
Ce fut le temps du renoncement. Ce fut le temps du reniement », avec les
lois scélérates, dites de Vichy, niant les fondements mêmes de la
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, on pourchassa les juifs
parce qu’ils étaient juifs, les tsiganes parce qu’ils étaient tsiganes. On
traita les tirailleurs sénégalais comme des sous-hommes et des français
livrèrent aux nazis d’autres français parce qu’ils étaient résistants,
opposants politiques, homosexuels, etc. Aujourd’hui, nous nous souvenons de
toutes les victimes des persécutions de l’Etat français et de chacune
d’entre elles.
Soixante-dix ans après, la France commence à reconnaître ses crimes, il
était temps…
Michel Chevalier





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