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Monsieur Michel Lalande, préfet de Saône-et-Loire, réunira à nouveau le 28
novembre à 9h les principaux acteurs économiques du département, des
représentants des banques et des élus afin de faire un premier bilan de la
mise en oeuvre des réponses à la crise économique et financière.
Cette réunion aura pour but :
- de faire le point sur la mise en oeuvre du dispositif (cellule de veille
et cellule agricole);
- d'échanger sur la conjoncture économique et la situation du marché de
l'emploi;
- de commenter l'évolution des encours de crédits et d'entendre le point de
vue des banques;
- d'effectuer des bilans sectoriels à travers la perception des principaux
organismes socio-professionnels;
- de faire un point avec les élus présents sur le financement des
collectivités territoriales et sur leur perception de la crise.
Cela étant, voici le compte rendu de la dernière rencontre :
Information sur les mesures prises au niveau national et leur
application en Saône-et-Loire
M. Michel LALANDE, préfet de Saône-et-Loire, a indiqué que cette
réunion avait pour objectif
de mettre en place le pilotage opérationnel du plan d'action gouvernemental
en faveur du financement de l'économie. Il s'agit d'organiser un dispositif
de suivi qui permette de réaliser une photographie de la situation
financière dans le département, aussi bien des entreprises que des
collectivités locales. Comme l’a rappelé le Président de la République jeudi
30 octobre, il convient de veiller à ce que, dans chaque département, les
garanties apportées par l’Etat au secteur bancaire trouvent leurs
contreparties. Cette veille incombe au préfet et au TPG du département. En
Saône-et-Loire, ils l’assument totalement.
Le préfet a souligné que, si les banques et les PME étaient au centre du
dispositif, il ne fallait pas pour autant oublier le monde agricole qui
connaît actuellement une crise d'une ampleur considérable. Dans ce contexte,
il a demandé à la Chambre d’agriculture de participer à cette première
réunion et les données des exploitations agricoles feront l’objet d’un suivi
financier spécifique.
Le Trésorier Payeur Général, M. Alain GUILLOUET a rappelé les mesures
prises par le Gouvernement à destination des entreprises et des
collectivités. Celles-ci prennent trois formes :
1. Des garanties de financement pour le secteur bancaire
- Une société française de refinancement de l’économie (SFRE) a été créée.
Elle a pour objet d’apporter des ressources stables aux banques pour
financer l’économie. Elle pourra ainsi accorder des prêts aux établissements
de crédit qui donneront des titres de qualité en garantie.
- Une société de prise de participation de l’Etat (SPPE) a également été
créée avec pour mandat de renforcer les fonds propres des banques, afin de
rétablir la confiance dans le système bancaire français. L’enveloppe
financière prévue est de 40 mds d’euros.
En contrepartie de ces mesures de soutien aux banques, celles-ci s’engagent,
par conventions signées avec l’Etat, sur :
- des volumes de prêts à l’économie et l’assurance d’un financement adapté :
augmentation de 3 à 4% de l’encours de prêts aux entreprises et aux
particuliers en rythme annuel
- la publication mensuelle des flux de crédit aux PME
- un engagement de dialogue (pas de coupure brutale de crédit)
- un engagement à présenter systématiquement à OSEO les dossiers qu’elles ne
peuvent pas prendre en première analyse et à les réétudier si OSEO apporte
la garantie attendue.
- un comportement éthique, avec notamment des règles en matière de
rémunération des dirigeants.
2. Une enveloppe spécifique au refinancement des collectivités locales de 5
mds d’euros
Les 5 mds d’euros seront distribués pour moitié sous forme de prêts directs
de la CDC et pour moitié par les banques qui répondront à des adjudications.
3. Un plan de soutien aux PME
- 17 mds d’euros d’excédents d’épargne réglementée ont été mobilisés et
transférés aux banques qui se sont engagées par convention à les utiliser
auprès des PME et des entreprises de taille intermédiaire.
- Le plan de soutien aux PME a également renforcé OSEO en lui permettant de
prendre 5 mds d’euros de risques supplémentaires.
Pour veiller au bon fonctionnement de ce dispositif dans le département, une
cellule de suivi départementale sera mise en place, animée par le TPG, le
directeur de la Banque de France et le délégué départemental de la
Fédération bancaire française. Cette cellule se réunira à un rythme
hebdomadaire.
Un dispositif de suivi spécifique sera mis en œuvre pour le secteur
agricole, en lien avec la directrice départementale de l’agriculture et de
la forêt.
L'évolution de la situation de trésorerie des collectivités locales sera
surveillée par les services de la Trésorerie Générale. Dans une première
approche, la situation des collectivités du département parait relativement
saine : il y a peu de taux variables sur les emprunts en cours ;
l'endettement global se situe dans la moyenne nationale.
Le directeur régional d'OSEO, M. Régis BOIRON, a rappelé qu'OSEO
avait été mis en place en 2005 pour accompagner et financer les PME à
travers:
le soutien à l'innovation
une mission de garantie: gestion de fonds de garantie publics
un cofinancement bancaire
Un numéro Azur a été mis en place (0 810 00 12 10) et le chef d'entreprise
de Saône-et-Loire qui compose ce numéro est directement mis en relation avec
la direction régionale de Bourgogne qui a mobilisé des capacités suffisantes
pour répondre aux appels. Depuis une dizaine de jours, une centaine d'appels
ont été reçus.
Les difficultés des entreprises sont souvent des difficultés de trésorerie.
5 mds d’euros de prêts vont pouvoir être engagés avec l'appui d'OSEO. OSEO
mène aussi des actions de financement à court terme et peut faire de la
mobilisation de créances, et notamment de créances publiques. Il existe
aussi une possibilité d'apporter des avances.
Pour la DRIRE, M. Albert AMBOISE a indiqué que la ministre de
l’Economie a demandé aux DRIRE de s’organiser pour aller au devant des PME
afin de les conseiller et de les orienter.
Les agents de la division développement industriel de la DRIRE sont donc
mobilisés et un « parrain PME » a été désigné. En DRIRE BOURGOGNE, c’est
Christian DONADIEU, adjoint au chef de la division DI et le correspondant
PME dans le département 71 est Kathy DELBOS, chargée de mission au groupe de
subdivisions 71 de la DRIRE à MACON (tel : 03 85 34 66 26, mel kathy.delbos@industrie.gouv.fr).
M. ROCHER, Secrétaire de la CCSF (Commission des chefs des services
financiers et des représentants des organismes de sécurité sociale et de
l’assurance chômage) à la Trésorerie Générale, a présenté ce dispositif,
ainsi que le CODEFI (Comité départemental d’examen des difficultés de
financement des entreprises) (présentation jointe en annexe).
- La CCSF réunit l’ensemble des créanciers publics et peut, sous certaines
conditions, accorder des délais de paiement, ainsi que des remises de
dettes. Compte tenu de la situation, la CCSF se réunira aussi souvent que
nécessaire et les procédures de traitement seront allégées.
- Pour les dossiers aux enjeux les plus importants, notamment en termes
d'emplois, le CODEFI est l’instance interministérielle compétente au niveau
local pour apporter un soutien à toutes les entreprises en difficulté de
moins de 400 salariés, tous secteurs confondus (au-delà de 400 salariés, les
entreprises sont orientées vers le CIRI-comité interministériel de
restructuration industrielle en place au niveau national). Le préfet réunira
un CODEFI d’ici la fin de l’année.
Le directeur de la Banque de France à Mâcon, M. MARTIN, a indiqué que
nous sortions du tunnel de la crise financière pour entrer dans celui de la
crise économique.
La Banque de France interroge tous les mois un panel d'entreprises. D’après
les dernières informations, la crise en Saône-et-Loire commence à arriver,
les carnets de commandes sont en train de se vider. Toutefois, ils sont
encore pleins jusqu'à la fin de l'année. Il est probable que la crise va
durer toute l'année 2009.
Pour le moment, on n'observe pas de rationnement du crédit.
Mme. Jennifer MARTIN, Chargée de développement territorial, Caisse des
dépôts et
Consignations, a indiqué que la CDC allait mettre à disposition des
collectivités une enveloppe de
5 mds d’euros de prêts pour les opérations d’investissement inscrites pour
2008. La moitié sera attribuée directement par la CDC ; le reste le sera par
adjudication aux banques. Le système sera opérationnel pour le 5 novembre.
Le financement Caisse des Dépôts pourra intervenir à hauteur de 50 % maximum
du budget d'investissement 2008. Il pourra s’agir de prêts de 2 à 20 ans et
les taux seront déterminés par l’adjudication. Ils seront exonérés de
garanties.
L’enveloppe Caisse des Dépôts a été répartie à 50% en fonction d’un critère
de population. La région Bourgogne s’est ainsi vue attribuer 38, 667
millions d’euros pour les collectivités de plus de 5000 habitants et 9,919
millions d’euros pourront être mis à la disposition des collectivités de
moins de 5000 habitants.
Le numéro vert d’information qui sera en service à compter du 5 novembre est
le suivant :
02 38 79 97 93.
Interventions et débats
Le président du Conseil général, M. Arnaud MONTEBOURG, a interrogé
les banques sur la
manière dont elles entendent mettre en œuvre dans le département les
engagements pris au niveau national.
Il a souligné que des tensions existaient pour les collectivités
territoriales dans leur rapport aux banques. Il souhaiterait qu'existe un
protocole de traitement de ces problèmes.
M.Montebourg a déclaré que la dette du Conseil général était évidement
saine. Toutefois, les tensions sur le crédit sont palpables, aussi bien dans
la hausse des taux d'intérêt et le durcissement des conditions d'emprunt,
que dans la difficulté d'obtenir l'intégralité des crédits souhaités, ce qui
laisse espérer une réaction concurrentielle des banques.
2008 a représenté un retournement de conjoncture important: la chute des
droits de mutation et la réforme de la taxe professionnelle ont entraîné
d'importants manques à gagner. Le Conseil général a donc été contraint
d'engager un plan d'économies.
Les investissements du département représentent environ 100 millions d'euros
chaque année, ce qui est considérable. Le département ne veut pas se
désengager en matière de commande publique. Un débat aura lieu sur ces
sujets le 20 novembre à l'occasion du débat d'orientation budgétaire.
Des économies sont prévues par le Conseil général sur la voirie, sur ses
propres bâtiments, ainsi que sur les dépenses de fonctionnement.
Le président de l'Association des Maires, M. GIRARDON, a souligné que
la situation des
communes est contrastée. Les collectivités importantes bénéficient d'un
partenariat suivi avec le monde des finances, ce qui n'est pas le cas des
plus petites communes.
La situation en Saône-et-Loire est plutôt saine. La gestion des petites
communes est fondée essentiellement sur des taux fixes.
Les investissements des collectivités portent principalement sur le BTP; il
s'agit là d'un vecteur majeur de soutien de l'économie. Le président a tenu
à souligner ce point à l'égard des banques, afin qu'elles accordent les
crédits nécessaires.
M. COURTOIS, membre du bureau de l’Association des maires, a tenu à
relayer l’inquiétude
des maires. Aujourd’hui, certaines communes se retrouvent piégées avec des
taux variables qui ne sont plus supportables.
M. COURTOIS a demandé quel taux serait appliqué par les banques ou la CDC si
la ville de Mâcon lançait un emprunt demain. Il semblerait que les banques
cherchent à se refinancer sur le dos des collectivités.
Le président de la chambre d'agriculture, M. DECERLE a expliqué que
la crise arrive sur un
terreau déjà fragilisé, en particulier pour les secteurs bovin et ovin qui
ont vécu des crises successives. Des départs prématurés sont observés à une
échelle sans précédent. De plus en plus, les agriculteurs sont tentés par
d'autres horizons.
L'augmentation des coûts de production est particulièrement rude: les prix
des engrais et des aliments ont augmenté de 30% à 40%. Sur l'exercice
précédent, les trésoreries nettes moyennes s'élevaient à
13 000 euros; elles sont aujourd'hui à – 1000 euros. Le revenu disponible
par unité de travail est également en forte baisse: ¼ des exploitations
dégagent un revenu net négatif.
15% des exploitants sont déjà en retard dans le paiement de leurs
cotisations et l'appel le plus lourd tombe autour du 15 novembre.
En comptant l'amont et l'aval, l'agriculture représente autour de 17% de
l'économie du département.
Le président a retenu la possibilité de mettre en place un groupe de travail
sur toutes ces questions. Il a souligné que l'agriculture avait besoin de la
solidarité collective et de l'attention du monde bancaire.
M. ECHALIER, président de la chambre de commerce et d'industrie, a
annoncé qu’il serait
très vigilant sur la mise en œuvre des mesures arrêtées au niveau national.
La CCI réfléchit déjà depuis quelques temps aux moyens à mettre en place
pour aider ses ressortissants. La semaine prochaine, un courrier sera
adressé à toutes les entreprises de plus de 5 salariés sur les dispositifs
mis en place et les moyens mis en œuvre pour les aider.
25 collaborateurs auront pour tâche d’aller dans les entreprises et de les
aider à bénéficier des moyens mis en œuvre, notamment par OSEO. Les
informations seront consolidées au niveau de la région Bourgogne.
Une grande partie de l’industrie métallique et métallurgique est aujourd’hui
bien portée par le secteur de l’énergie et du transport ferroviaire.
M. Eric MICHOUX, Président du MEDEF 71, a estimé que la situation
était grave mais pas
désespérée et qu’il ne fallait pas enfoncer les banques.
Le MEDEF a tenté de faire un état des lieux de la situation des entreprises
en adressant trois questions aux entreprises de Saône-et-Loire. A ce jour,
plus de 300 réponses ont été reçues et les documents seront mis à jour
toutes les semaines.
Il en ressort pour le moment :
- une baisse d’activité pour environ 50% des entreprises ; un maintien de
l’activité pour 35% d’entre elles et une hausse pour 15% des répondants.
- une angoisse générale concernant l’arrivée du mois de janvier.
- sur le front de l’emploi, les entreprises prévoient globalement une
stabilité : 85% d’entre elles disent avoir l’intention de maintenir les
emplois. 8% disent qu’elles vont embaucher.
Pour 90% des entreprises, les engagements avec les banques sont maintenus en
l’état. Depuis le mois de mai, le ralentissement se fait sentir et les
banquiers ont été trop facilement désignés comme coupables.
M. MICHOUX est également revenu sur l’idée d’obliger les entreprises à payer
dans les délais, ce qu’il considère comme une fausse bonne idée. Il s’est
interrogé sur le point de savoir si les grandes entreprises et l’Etat seront
capables de payer dans les délais. Dans le cas contraire, il existe des
risques d’écart de trésorerie pour les entreprises.
M. MICHOUX a également informé de l’ouverture d’une cellule PME-PMI qui
réalisera un état des lieux toutes les semaines.
Le préfet a tenu à souligner en réponse que l’Etat payait en Saône-et-Loire
en moins de 20 jours
(alors qu’on était encore à 34 jours en 2006).
M. Gilles PENE de la CGPME a estimé que pour le moment la crise
restait financière et pas
économique. Si des effets devaient se réaliser, ce serait plutôt vers la fin
du premier semestre 2009. Le vrai danger se situe pour lui au printemps
2009.
La BCE a annoncé une baisse des taux mais, sur le terrain, on assiste plutôt
à une légère augmentation des taux. Une cellule de veille a été mise en
place au sein de la CGPME.
Le président de la Chambre de métiers, M. CHIFFLOT, a indiqué que les
artisans n’avaient
pas trop ressenti la crise pour le moment. Toutefois, les métiers de bouche
et de services ont une appréhension vis-à-vis de la période des fêtes, au
cours de laquelle ils réalisent traditionnellement une grande partie de leur
chiffre d’affaire annuel.
Le bâtiment est porté par les travaux à vocation d’économies d’énergie, ce
qui permet au secteur de la rénovation du bâti de ne pas trop souffrir.
La Chambre de métiers va également mettre en place une cellule de veille
Le président a par ailleurs fait remarquer que lorsqu’une grosse entreprise
fait faillite, l’Etat se sert en premier et les artisans ne récupèrent
finalement que des miettes.
En réponse, le Président du Conseil général a indiqué que la loi venait
d’être modifiée. Le sujet
est revenu sur la table à plusieurs reprises au cours des dernières années
mais la loi n’est jamais venue modifier la hiérarchie entre les créanciers.
Mme. Isabelle LAUGERETTE, Secrétaire générale UIMM 71, a indiqué que
l’UIMM
effectuait chaque mois des enquêtes de conjoncture auprès de ses adhérents
avec un taux de réponses de 60%.
Sur la fin de l’année 2008, on n’observe pas de chute massive d’activité. La
visibilité est assez bonne sur le premier trimestre 2009 mais le second
trimestre suscite des inquiétudes dues à une baisse des commandes. La durée
de la crise est estimée à une bonne année.
Une bonne partie des entreprises ont un taux d’investissement élevé et sont
bien suivies par les banques.
Les besoins de main-d’œuvre sont très importants mais les entreprises seront
contraintes de limiter les recrutements. Le volant des intérimaires est déjà
fortement touché.
L’UIMM demande que les pouvoirs publics se mobilisent pour soutenir les
entreprises qui seront demandeuses de chômage partiel.
Le Président de la FFBTP 71, M. Georges SIMONATO, a indiqué que les
constructions
neuves étaient en baisse de 28 à 30% pour le moment. Les artisans qui
construisent des maisons individuelles font face à des difficultés
importantes.
Par ailleurs, certains donneurs d’ordres de la région, comme Arcelor à
Gueugnon, repoussent les travaux. Les particuliers, quant à eux, ne font pas
de travaux par manque de crédits.
Le Président a suggéré de réunir de manière urgente un observatoire de la
commande publique. Il est demandé à l’ensemble des collectivités de faire un
effort sur les avances sur les marchés, en passant par exemple de 5% à 10%,
sachant que le Conseil général est à 15%. Les entreprises sont en effet
particulièrement soucieuses des délais de paiement pour les marchés publics.
Le Président constate également des problèmes de chèques refusés, même en
dessous du découvert autorisé.
Mme. Dany SUQUET, adjointe au Directeur départemental ASSEDIC, a
indiqué qu’un
étalement des cotisations d’assurance chômage venait d’être décidé avec un
report des échéances mensuelles.
Une augmentation des demandes de dossiers de convention de reclassement
personnalisé a été notée : 49 en août, 78 en septembre et 92 en octobre.
L’ensemble des banques a affirmé qu’elles étaient au fait des mesures
prises par les pouvoirs
publics et mobilisées pour relever un défi qui concerne toute la société
française. Elles ont indiqué qu’elles étaient à même d’accorder des prêts
pour satisfaire les besoins de l’économie.
L’idée s’est dégagée que les banques devraient communiquer davantage sur
le fait qu’elles sont là
pour prêter. Le Crédit Agricole diffuse actuellement des messages radio sur
ce thème ; la Société Générale a annoncé qu’elle allait lancer prochainement
une campagne de communication.
M. DAUSSIN, directeur régional de la Société Générale a indiqué que,
sur les derniers mois,
ses encours de prêts aux entreprises ont augmenté de 18%. Selon lui, les
banques françaises sont extrêmement solides et leur bilan leur permet tout à
fait d’assumer ce soutien à l’économie.
Le directeur du Crédit agricole Centre-Est, M. BALAS, a affirmé qu’il
n’existait pas
aujourd’hui de phénomène de « credit crunch » et qu’il ne fallait pas se
livrer à un excès de pessimisme. Il enregistre lui aussi une augmentation
des encours de crédits, malgré une certaine décélération des demandes.
Certains chefs d’entreprises sont en effet aujourd’hui dans une position
d’attentisme. Il faut aussi y voir une conséquence de la chute de
l’immobilier qui se traduit par une baisse des demandes de crédits
immobiliers.
Il a toutefois été relevé que nombre d’entreprises font part de
difficultés de financement de leurs
opérations. Certaines collectivités territoriales ont également du mal à
obtenir l’ensemble des crédits demandés.
M. Dominique AUBERT de la Caisse d’Epargne Bourgogne – Franche-Comté
a déploré un
climat excessivement alarmiste qui pousse les clients à s’interroger, même
quand ils vont bien. Un ralentissement a été noté sur les crédits à la
consommation et sur les crédits immobiliers.
M. AUBERT a affirmé qu’aujourd’hui la Caisse d’Epargne continuait de
financer et restait sur les fondamentaux.
M. Pierre KRUMMEMACHER, Directeur de la Société Générale à Mâcon, a
estimé que la
BCE avait encore des marges de manœuvre. Mais, pour le moment, le
refinancement des banques se fait encore au jour le jour. Les spreads entre
le taux au jour le jour et le taux à 3 mois sont passés à plus de 100 points
de base. Mais la situation est aujourd’hui en train de se déboucher. Les
banques ne font que répercuter le coût de la liquidité.
Le Crédit Agricole a également insisté sur la crise de liquidités vécue par
les banques.
M. Pascal BOUVET, Directeur du CIC à Mâcon, a affirmé que les banques
continuaient à faire
leur métier.
Il a regretté que les assureurs – crédits soient pour le moment absents du
débat. Ils sont en effet selon lui la pierre angulaire du financement des
PME.
Conclusion
Le préfet a conclu que l’Etat était désormais en ordre de bataille pour
mesurer l’évolution de la
situation, pour organiser un dispositif de suivi et de veille.
Une réunion dans ce même format sera organisée sur une base mensuelle et le
recoupement des informations sera effectué sur une base hebdomadaire, dans
le cadre d’un comité de suivi technique chargé de vérifier l’évolution des
crédits bancaires et la situation des entreprises.
Le compte rendu de cette réunion sera diffusé largement, afin que
l’information circule.
La CCSF sera activée autant que nécessaire, notamment en direction du monde
agricole, et les procédures seront accélérées. Le préfet réunira par
ailleurs le CODEFI avant la fin de l’année et les entreprises les plus
importantes seront éventuellement orientées vers le CIRI.
Le préfet va demander au directeur de la Banque de France de développer une
organisation en réseau des banques, en lien avec le délégué départemental.
Chaque organisation présente est également invitée à nommer un référent afin
que la communication et la prise de décision puissent s’effectuer
rapidement.
Les participants à la réunion sont appelés à relayer les informations
échangées sur la base la plus large possible.
En ce qui concerne la dimension de l’emploi, une attention particulière a
été demandée par le Président de la République sur la question des
licenciements. Le Gouvernement étudie l’extension du contrat de transition
professionnelle à l’ensemble du territoire national. Par ailleurs, les
emplois aidés peuvent jouer un rôle dans l’accompagnement professionnel, en
particulier pour les personnes les moins qualifiées. Un suivi particulier de
la politique de l’emploi en Saône-et-Loire sera mis en œuvre très
prochainement par la préfecture.
Au cours des mois qui viennent, un dialogue extrêmement exigeant va être mis
en place. Le préfet a mis en exergue l'exigence de lucidité, de transparence
et de vérité dans les relations de l’ensemble des acteurs présents, unis
autour d’un objectif commun : faire fonctionner l’économie de
Saône-et-Loire.
NB : - La prochaine réunion plénière a été fixée au 28 novembre à 9H.
- A l’issu de la réunion, M. Dominique AUBERT de la Caisse d’Epargne a été
désigné en tant que délégué des banques en Saône-et-Loire.
Liste des personnes présentes :
-M. Michel LALANDE, Préfet de Saône-et-Loire
-M. Alain GUILLOUET, Trésorier Payeur Général
-Mme. Marie-Françoise LECAILLON, Secrétaire générale de la préfecture
-M. Alain MARTIN, Directeur de la Banque de France Mâcon
-M.Régis BOIRON, Directeur régional d’OSEO
-M. Eric ROCHER, Secrétaire de la CCSF
-Mme. Jennifer MARTIN, Chargée de développement territorial, Caisse des
dépôts et Consignations
-M. Albert AMBOISE, DRIRE
-M. Bernard GUDEFIN, DGFIP-DSF
-M. Alain BUSSIERE, Directeur de l’URSSAF
-Mme. Dany SUQUET, Adjointe au Directeur départemental ASSEDIC
-Mme. Sandra DESMETTRE, stagiaire ENA, cabinet du préfet
-M. Jean-Noël HUMBERT, sous-préfet de Chalon-sur-Saône
-M. Imad BENTAHAR, Secrétaire général, sous-préfecture de Louhans
-Mme. Claude DULAMON, sous-préfète d’Autun
-M. Jacky LEROUX-HEURTAUX, sous-préfet de Charolles
-M. Arnaud MONTEBOURG, Président du Conseil général
-M. Pierre MARTINERIE, Vice-Président du Conseil général
-M. Boris VALLAUD, Directeur général des services du département
-M. Jean GIRARDON, Président de l’Association des Maires de Saône-et-Loire
-M. Jean-Patrick COURTOIS, membre du bureau de l’Association des Maires de
Saône-et-Loire
-M. Daniel COQUIARD, Secrétaire général du MEDEF 71
-M. Eric MICHOUX, Président du MEDEF 71
-M. Georges SIMONATO, Président de la FFBTP 71
-M. Yves PAUTET, Secrétaire général adjoint FFBTP 71
-Mme. Isabelle LAUGERETTE, Secrétaire générale UIMM 71
-M. Yannick MAHE, Directeur général UIMM 71
-M. Louis NUGUE, Président UPA 71
-M. Emmanuel LEBLANC, Secrétaire général UPA 71 et CAPEB 71
-M. Gilles PENE, CGPME
-M. Christian DECERLE, Président de la Chambre d’agriculture
-M. Marcel CHIFFLOT, Président de la Chambre de métiers
-M. Bernard ECHALIER, Président de la CCI
-M. Bruno SAGNIMORTE, BNP-Paribas
-M. Dominique AUBERT, Caisse d’Epargne Bourgogne Franche Comté
-M. Michel BRABANT, Caisse d’Epargne Bourgogne Franche Comté
-M. Guy DAUSSIN, Directeur régional Société Générale
-M. Pierre KRUMMEMACHER, Directeur Société Générale Mâcon
-M. Pascal BOUVET, Directeur CIC Mâcon
-M. Philippe FETIVEAU, Directeur La Poste Mâcon
-M. Marc BALAS, Directeur des Crédits Agricoles Centre-Est
-M. Jacky MENICHON, Directeur des agences mâconnaises, CL
-Mme. Anne PIRES, Responsable agence Crédit Mutuel
-M. Jacky LAURENT, Directeur groupe Banque populaire
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