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Ce jeudi 7 août, l'opération " Passeurs d'images " fera étape à Blanzy et,
plus précisément, place de l’église pour une projection de cinéma en plein
air. Information qui a son importance, compte tenu des prévisions de
Météo France, un lieu de repli a été prévu en cas de mauvais temps, et il
s'agit de la salle Espace de vie et d’animations (salle des fêtes)..
Le film choisi pour cette séance, qui débutera à la nuit tombée : " La
Môme " de Olivier Dahan avec Marion Cotillard, Sylvie Testud, Gérard
Depardieu, Jean-paul Rouve, Pascal Greggory, Clotilde Courau, Emmanuelle
Seigner et Jean-pierre Martins.
Biographie musicale, La Môme retrace la vie d'Edith Gassion (Marion
Cotillard), plus connue sous le nom d’Edith Piaf, de 1915 à 1963, entre
New-York et Paris. La légende dit qu’Edith est née sous une porte cochère de
Belleville.
Entre ses parents absents (Clotilde Courau et Jean-paul Rouve), sa meilleure
amie Momone (Sylvie Testud), sa mère de substitution Titine (Emmanuelle
Seigner) une fille de joie, Louis Leplée (Gérard Depardieu), l’homme qui l'a
découverte, son imprésario (Pascal Greggory) la jeune fille se construit et
se transforme.
Piaf est née. Le succès est immédiat.
La jeune chanteuse des rues de Paris se lance à la conquête de l’Amérique.
Femme amoureuse, passionnelle, elle vivra sa plus belle histoire d’amour
avec Marcel Cerdan (Jean-pierre Martins), champion du monde de boxe en poids
moyen et marié… A la mort de ce dernier « La môme Piaf » souffre de
problèmes de santé et d’argent, mais contre toute attente se relève, reprend
le chemin de la scène et ne cesse de remanier son répertoire de succès.
Cette force de la nature reste aujourd’hui encore « la môme Piaf », la femme
à l’allure fragile et à la voix d’or, chantant l’amour et la vie de sa voix
rageuse, émotionnelle et émouvante.
De quoi est faite une légende ? Qu’est-ce qui fait la différence entre une
chanteuse populaire et la voix d’une nation ? Qu’est-ce qui, dans une vie
commencée dans la souffrance et la pauvreté, permet à une jeune fille
maladroite de se sortir des rues sordides du Paris d’après-guerre pour se
hisser aux sommets de la renommée internationale ?
La Môme, c’est l’histoire d’un véritable trésor national, d’une grande dame
et de sa foi, de sa souffrance et de sa passion, ainsi bien sûr que de
l’amour, parfois maudit, qu’elle a toujours chanté.
La môme, elle a tout d’une grande !
Edith Piaf, la femme dont aujourd’hui encore on fredonne les chansons de
Padam à La Vie en rose, ce nom nous est tous familier, pourtant sa vie reste
plus méconnue. Tout dans la palpitante existence de Piaf a de quoi faire
pâlir le moindre scénario fictif, son histoire est tout simplement
fascinante.
On se laisse totalement transporter par cet univers, symbiose entre un Paris
rêvé et une réalité brute. On y croit, on aime fouler les pavés et c’est
déjà une très belle victoire ! La réussite d’Olivier Dahan c’est de ne pas
avoir essayé à tout prix de coller avec le Paris d’antan, il reconstruit des
lieux en se laissant guider par sa propre sensibilité. Il propose un regard
plus qu’une reconstitution. On entre avec plaisir dans ce monde animé par
les rues crades de Belleville, les bordels où la sueur imprègne les murs et
les salles de concerts chics des années 50. Le territoire de cette Môme, on
s’y sent bien.
Dahan articule son scénario autour de différents évènements dramatiques où
heureux de la vie de Piaf, plutôt que de se centrer sur un moment « dit »
déterminant. Il y gagne en tension et contourne ainsi – avec classe – le
drame mélo arracheur de larmes qui mise tout sur un pic émotionnel.
Nous voyons très tôt dans le film une Piaf décadente, rongée par la maladie,
et c’est au fur et à mesure que nous comprenons le pourquoi du comment. Le
choix de cette temporalité déconstruite est un très beau moyen de présenter
et d’accoler certains moments clés. Beaucoup de films se placent dans cette
utilisation temporelle, avec plus ou moins d’efficacité et de sens. Ici cela
fonctionne si bien, qu’on ne peut concevoir une narration autre : Mise en
scène efficace d’un destin paradoxale.
L’interprétation livrée par Marion Cotillard nous laisse au départ un peu
perplexe…Edith Piaf était-elle vraiment ainsi ? Elle en fait certainement un
peu trop parfois, accentuant la démarche et les mimiques de la chanteuse de
manière clownesque. La transition entre l’enfant Edith au visage angélique
et la jeune femme Piaf, un peu forcenée, ne s’opère pas vraiment en douceur.
Pourtant, au fil du film Cotillard transcende son personnage. A certains
moments, elle est Piaf. Elle pleure son mal, elle donne ses tripes et elle
partage les mêmes fantômes. Alors malgré le choc premier, on ne peut pas
dire que Marion Cotillard n’est pas Piaf. Elle propose autre chose plutôt
que de se limiter à singer, et donne naissance à une nouvelle Môme Piaf.
Savoir créer, c’est cela être une actrice de talent.
Olivier Dahan avec La Môme reconstruit l’univers de la grande Edith Piaf et
y insuffle son regard et sa sensibilité. La tension habite ce film de bout
en bout et l’émotion est très bien gérée, évitant – à l’exception d’une
scène – de tomber dans le sentimentalisme facile et sans force. Un beau
moment !
Séance tout public et Gratuite.
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